Conclusion
Nous avons retracé les grandes étapes jalonnant le parcours de l'adepte au sein d'une secte jusqu'à sa sortie - s'il finit par en sortir un jour. Une telle expérience est très intense, d’un point de vue social, car l’individu se doit d'être entièrement dévoué au groupe. Il est constamment écouté, entouré, conditionné ; le contrôle social étant assuré par la doctrine de la secte et le sentiment d’appartenance au groupe. Il y trouve des repères (une hiérarchie claire, un projet de vie et de société, il y trouve parfois l’amour…) en échange de son obéissance et de son absolu dévouement. Les sectes n’ont que peu changé au cours du XXè siècle : seuls leur taille et les thèmes qu’elles abordent se sont adaptés à l’évolution de la société.
Les effets des sectes sur la société, qui n’est autre que la somme d’individus dépendants les uns des autres et ayant des intérêts et des comportements communs, sont autres. Le phénomène sectaire ne touche en effet qu’un nombre réduit d’individus, à l’échelle de la société. La nocivité des sectes tient à ce qu’elles sont des sociétés dans la société. Leurs intérêts sont contraires à celui de la société, elles appliquent leurs propres lois et vivent en autarcie. Elles cherchent toujours à étendre leur influence, que ce soit dans le milieu médiatique, politique, ou juridique. Pour ne citer qu’un exemple, l’OSA (office of special affairs) de l’Eglise de Scientologie est le « service de sécurité » de la secte, qui s’efforce d’avoir des contacts dans les hautes sphères de l’Etat et de d’endiguer les poursuites judiciaires.
Il est difficile d’apporter une réponse politique au phénomène sectaire sans aller à l’encontre des principes de liberté d’association et de croyances, essentiels à tout système démocratique. La baisse continuelle de la pratique religieuse ne peut que favoriser le développement de tels groupes sectaires, qui sont les symptômes d’un malaise social.
Il pourrait être intéressant, pour aller plus loin, d’approcher les différences entre les Etats en comparant la politique qu'ils mettent en oeuvre autour du phénomène sectaire : les pays anglo-saxons ont une approche plus libérale et mettent davantage en avant la liberté de culte que les pays du continent européen.