"Il n'est pas important de sortir le premier, ce qui importe, c'est d'en sortir vivant"- Bertolt Brecht.(N)
Le fantôme de Thomas me hanta des nuits durant. Sa mort était en partie ma faute. Étant le seul adepte qui n'en soit pas véritablement un , j'avais la possibilité de l'amener aux urgences afin qu'on lui fasse l'opération appropriée, à temps. Mais peut-être est-ce mon inconscient qui m'avait déterminé à ne pas intervenir? Même si j'avais atteint un grade important pour être mis en confidence des secrets de la secte, les tribunaux avec qui j'avais des contacts, avaient formellement stipulé qu'il ne me soutiendraient pas si un acte horrible ne se déroulait pas dans la secte. Ce que je devais donc faire désormais était d'informer la commission que mon ami Thomas était mort, en plus de leur apporter tous les témoignages que j'avais réussi à soutirer auprès des hauts adeptes. Quelques jours plus tard, j'envoyais les dites informations par courrier.
Au sein de la secte, le deuil ne dura que quelques jours et tout repartit comme si le drame n'avait pas eu lieu. Ainsi, les rentrées d'argent, les enseignements aux lois de la secte, les endoctrinements et les épreuves recommencèrent assez rapidement.
Je m'apprêtais à annoncer ma démission à Xavier. Celui-ci me reçut dans son bureau et me complimenta, avant même que je sois assis, sur mon ascenscion fulgurante au sein de leur communauté. Alors que je pressentais qu'il allait m'avancer, je pris les devants comme lorsque j'avais enrôlé mon premier postulant. Je lui expliquai que la Communitas Lunae avait été énormément gratifiante pour un homme tel que moi, mais que je devais me résoudre à abandonner cette organisation "salvatrice". Ma déclaration lui déplu et il me menaça d'une exclusion définitive de la secte si je me remettais à penser de la sorte. Je cru d'abord qu'il pensait que je n'étais pas déterminé et je finis par lui déclarer ouvertement que les virements que je lui faisais n'allaient plus être perçus par la secte, que je m'apprêtais à rompre mes relations avec mes soi-disants frères et soeurs et que, plus jamais, je ne retournerai les voir. Xavier tenta de me dissuader et, me parlant de Thomas, il ajouta qu'il ne fallait pas que j'ai de remords . Une nouvelle fois, j'étais la cible de tentatives de manipulation. Il appela les cadres qui occupaient l'autre salle mais j'étais déjà en fuite. Je quittai l'immeuble et retournai à la capitale le plus rapidement possible afin d' informer mes contacts de ma sortie de la Communitas Lunae.