"Nul châtiment n'est pire que le remords" - Sénèque. (N)

Publié le par Michel Loiret

   Suite à cette séance de recrutement et à d'autres que j'avais également bien réussies, j'avais gagné la confiance du gourou et de son bras droit. Cette position me donnait quelques avantages et je pouvais désormais agir plus librement mais si je voulais rester discret et continuer mon enquête sans etre inquiété, je me devais tout de même de me plier aux regles et de me mêler aux autres.

 

    Une "marche de pureté" fut organisée une après-midi. Cela consistait en une randonnée en foret pieds nus : celui qui croyait vraiment en Xavier et en ces théories étaient censé ne pas avoir mal aux pieds. ma.pngJe fis donc cette marche en compagnie d'une cinquantaine d'autres adeptes. J'essayai d'éviter les caillous et les échardes mais je souffrais tout de même beaucoup. Vers la fin de la marche nous entendîmes un cri de douleur. Je me dépechai d'aller voir de quoi il s'agissait et je fus surpris de voir Thomas, un adepte à qui j'avais précédement parlé, se tordre de douleur au sol. Il venait de marcher sur un morceau de métal très pointu et complètement rouillé. Son pied était très ouvert saignait abondamment. Il fallait absolument l'emmener à l'hôpital mais Bertrand me dit qu'on allait simplement le ramener à l'immeuble et qu'on le soignerait sur place de manière bien plus efficace.

 

    Une fois arrivés à l'appartement, Xavier fît mine de l'examiner. Il ordonna de lui enrouler un linge autour du pied et de rester au lit en buvant de la tisane de sa composition censée contenir des plantes médicinales. J'aurais du réagir à cette aberration médicale et insister pour l'emmener a l'hôpital mais je me tus. Peut-être que la secte avait tout de même réussi à me manipluler. L'état de Thomas empirait. Comme on pouvait s'y attendre la tisane du gourou n'avait été d'aucune utilité. Thomas avait dû attraper le tétanos. Il était dans une chambre isolée, constamment allongé et se plaignait que son pied le faisait souffrir. A cause d'un non-respect absolu des règles d'hygiène ce fut toute sa jambe qui finit par s'infecter à tel point qu'il devenait évident qu'il fallait l'amputer. Bientot le gangrène le rongea et Thomas fini par mourrir après presque deux semaines d'agonie.

 

    Ceci me troubla profondément. Encore aujourd'hui, j'e me sens responsable de son décès, j'aurais dû agir quand il en était encore temps. Quand je vis Xavier pour lui demander pourquoi son remède n'avait pas sauvé Thomas, il me répondit simplement qu'il n'y avait pas assez crû.  Cela me fit comme un électrochoc. Mon enquête était terminée, j'en avait assez vu dans cette secte et je ne me rendrai pas complice plus longtemps de ce qu'il s'y passait, je me devais d'en sortir.

   

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