"Si vous voulez devenir invulnérable, ne sortez pas de cette forteresse puissante" - Maitre Aivanov, fondateur de la Fraternité Blanche Universelle

Publié le par Michel Loiret

     Depuis le milieu du XXè siècle, le nombre des adeptes des différentes sectes est en constante augmentation : en 1982, on estimait à 190 le nombre de groupes pouvant être qualifiés de sectaires et à 100 000 le nombre de leurs membres. Aujourd'hui, on estime à 200 le nombre de sectes et à 170 000 le nombre d'adeptes. La progression semble minime, mais il faut savoir que l'estimation de 1982, ne comprend pas les DOM-TOM. De plus, la structure de ces groupes cache l'expansion de leur nombre. Ainsi, on dénombre pas moins de 800 sattelites, rattachés aux "sectes mères", qui rendent difficile une évaluation précise du développement sectaire. On note ainsi un développement massif des petites sectes, c'est-à-dire celles de moins de 500 adeptes (qui représentent la majorité des groupes sectaires en France, soit environ 80%), contrastant avec la relative perte du nombre d'adepte des sectes plus importantes. Une des raisons de ce ralentissement est la médiatisation importante qui rend la société plus au courant des dangers de tellles sectes, et instaure une méfiance envers ces sectes médiatisées.

 

Il paraît alors légitime de se demander dans quels types de sociétés peuvent s'implanter les sectes.

 

     En réalité, les sectes s'installent naturellement dans les pays offrant une liberté totale d'association et de croyances, c'est-à-dire les pays démocratiques, particulièrement ceux où la législation fiscale est avantageuse pour les "mouvements religieux" (comme aux Etats-Unis).  Elles prolifèrent également dans ce type de société grâce à la crise que traversent toutes les religions et plus particulièrement l'Eglise catholique. Ainsi, une étude réalisée par l'IFOP  souligne que "Si le catholicisme reste la principale religion en France, son déclin commencé depuis le début des années 1970 continue et touche toutes les couches sociales et toutes les régions".

 

   Elles fuient les pays les plus pauvres, contraints à une rigidité gouvernementale afin de conserver la cohésion sociale. Elle ne peuvent pas non plus s'implanter dans les pays où la religion est omniprésente et à un rôle socialisateur important. C'est pourquoi les pays traditionnellement musulmans, comme l'Indonésie, offrent peu de prises aux groupes sectaires. L'endroit de leur implantation dépend aussi de la concordance entre les dogmes (c'est-à-dire les "vérités fondamentales" qu'elles mettent en avant) et les moeurs et les croyances du pays dans lequel la secte souhaite s'implanter. Ainsi, seules des sectes orthodoxes et protestantes sont en activité en Roumanie, par exemple.

 

Carte de l'implantation des sectes en France (1999)

    carte_sectes_1.gifEn France, outre les raisons développées plus haut, les crises économiques à répétition et le bouleversement des structures familiales avec l'explosion du taux de divorce ont entraîné un intense sentiment d'insécurité sur le plan économique et relationnel. Cette insécurité a été largement exploitée par les sectes : l'entrée dans ces dernières représente souvent une réponse sécuritaire à l'expression des besoins affectifs et conviviaux qui ne sont pas satisfaits dans le cadre de la famille et du travail. De plus, la montée de l'individualisme depuis les années 1980 a suscité un courant prônant la transformation personnelle et l'amélioration des capacités de chacun, ce qui est un thème largement exploité par les organisations sectaires.

 

Comme nous l'avons vu, les sectes s'implantent dans des pays, des villes bien spécifiques. Une fois installées, quelle part de la population concernent-elles ?

 

Les sectes se gardent, en général, de recevoir des personnes marginalesAu contraire, ce sont pour l'essentiel des personnes équilibrées mais fragilisées par un évévenement marquant et traversant une période difficile : deuil, échec sentimental, difficultés professionnelles, maladie que la médecine dite "classique" ne peut soigner...


Les enfants, ou les personnes jeunes en général sont des cibles priviligiées. Ron Hubbard, fondateur de la Scientologie a ainsi dit : "Plus tôt la formation commence, plus grandes sont les chances que les enfants s'enracinent solidemment dans la vérité".

 
La commission d'enquête parlementaire de 1999 a ainsi estimé que 50 000 enfants subissaient, à des degrés divers, une influence sectaire.

 

 

Enfin, les sectes enrôlent principalement dans les classes moyennes ou aisées. Elles visent également les personnes d'influence (hommes politiques, stars de cinéma, de la chanson, et plus généralement toute personalité publique...) Ainsi en 2004, le Ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy a reçu Tom Cruise, acteur américain et scientologue notoire.

   

 De même, Pierre Ceyrac, chef mooniste de longue date, a été élu conseiller régional du Nord-Pas-de-Calais sur la liste du Front National. L'alliance FN-Moon date de 1984, lorsqu'un mooniste, Gustave Pordéa, a été élu au Parlement européen sur la liste Le Pen, moyennant une bonne contribution financière.

 


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Publié dans Secte et société

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S
<br /> <br /> De quelle secte la femme du reportage a-t-elle fait partie ? Toutes les sectes utilisent elles ainsi les enfants ?<br /> <br /> <br /> <br />
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M
<br /> <br /> Elle faisait partie du Mouvement Raëlien qui n'hésite pas à utiliser les femmes adeptes comme des moyens de recrutement. Toutes les sectes ne prônent pas une sexualité "libérée"<br /> et ne violent pas les enfants ; certaines exigent au contraire l'abstinence totale de pratique sexuelle, bien que le gourou ne soit pas véritablement concerné par cette règle, se réservant ainsi<br /> le droit d'honorer certaines de ses adeptes.<br /> <br /> <br /> <br />