"Si vous voulez faire fortune, créez une religion" - Ron Hubbard, fondateur de l'Eglise de Scientologie

Publié le par Michel Loiret

 

    Il arrive parfois que l'adepte veuille quitter la secte. Les raisons en sont extrêmement variées, et changent au cas par cas. On distingue les cas où l'individu part de lui- même et ceux où l'individu à eu besoin d'une aide extérieur pour réacquérir une certaine lucidité. Dans le premier cas, l'individu part le plus souvent à cause d'un incident au sein de la secte. Le gourou peut lui refuser une visite à sa famille, un événement traumatisant peut choquer profondément l'adepte et le pousser à reconsidérer son engagement au sein de la secte, un éclair de lucidité peut lui faire prendre du recul vis-à-vis des discours, lieux, cérémonies de la secte...

   Cela peut survenir également après une accumulation de griefs personnels, de déceptions, de doutes refoulés qui explosent à l'occasion d'un événement souvent mineur, détonateur qui fait prendre la fuite. La fuite est par ailleurs bien souvent nécessaire car la secte repère rapidement les individus montrant des signes d'émancipation, et les traite différemment en le "mettant en quarantaine", pour éviter qu'ils n'entraînent avec eux d'autres adepte. 


    Il faut aussi mentionner ceux qui sont rejetés par la secte, soit à cause d'un délabrement physique ou mental trop important, soit parce qu'ils ne sont plus "rentables" à la secte et deviennent une charge. Ceux-là subissent des séquelles d'une importante gravité, car ils sont rejetés par un groupe pour lequel ils ont tout abandonné (emploi, famille, ...). Le groupe était pour eux une famille de substitution et leur seul lien social, la rupture avec celui-ci est donc particulièrement éprouvante. Si ces "exclus" ont la chance d'être pris en charge par une équipe de soutien compétente et à leur écoute, la guérison peut s'opérer, si l'on en croit les associations de victimes (les ADFI, par exemple), en au moins trois mois. D'autres ne s'en remettent jamais complétement.

 

    Dans le second cas, l'aide peut venir des membres de la familles, bien qu'elle ne vienne que rarement des parents, présentés par la secte comme des ennemis. La relation parent-enfant rend par ailleurs difficile une discussion sur les traumatismes subis au sein de la secte. Pour pouvoir établir un vrai dialogue avec la victime, son interlocuteur doit être informé très objectivement des pratiques du groupe sectaire, de ce qu'on y vit, de ce qui s'y dit. C'est pourquoi l'aide la plus efficace vient d'anciens adeptes, ayant connus la même expérience. Ils ont acquis, avec le temps, une connaissance objective des sectes, et ont de plus une expérience émotionnelle importante et décisive pour aider l'ex-adepte à se réintégrer dans la société. C'est en cela que des associations comme l'UNADFI aident les anciens adeptes à surmonter l'expérience sectaire.

 

 

    Mais il arrive bien souvent que l'individu, souhaitant oublier cette expérience sectaire n'y parviennent pas : les anciens adeptes sont souvent harcelés de courriers, de visites au domicile, au lieu de travail... On cherche à susciter chez eux un sentiment de culpabilité, on  leur parle de trahison... La réponse à ce genre de pratiques est très difficile : de nombreuses victimes ont porté ainsi plainte pour harcèlement, mais peu de condamnations sont prononcées chaque année, le délit de harcèlement est encore quelque chose de nouveau en France (2002). 

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Publié dans La sortie d'une secte

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