"Quand on veut enseigner à un nouveau membre, il faut l'encercler" Sun Myong Moon

Publié le par Michel Loiret

     De très nombreuses séquelles apparaisent à la suite d'une expérience sectaire. On peut distinguer plusieurs types majeurs de conséquences sur l'individu.

 

     Tout d'abord, il y a une importante difficulté à se réadapter au monde extérieur. Les adeptes ont ainsi vécu, parfois pendant des années, au sein d'un groupe possédant ses propres règles, ses propres codes, qui sont nécessairement diamétralement opposés à ceux de la société. De plus, ils ont été conditionnés pour rejeter le monde extérieur, et cela pendant de nombreuses années : dans la secte, tout se dit, le groupe est extrêmement soudé dans une attitude de repli vis-à-vis du monde extérieur. Lorsque celui-ci quitte la secte pour rejoindre le reste de la société, il doit désaprendre tout ce qu'il a appris durant son expérience sectaire. De plus, des problèmes qui n'existaient pas au sein de la secte apparaissent : le risque de chômage prolongé est important (le curiculum vitae a souvent un vide de plusieurs années), la solitude que vit l'individu est nouvelle et parfois insupportable...  La désocialisation de l'ex-adepte ne s'arrête pas là : celui-ci n'a pu voir sa famille pendant toute la durée de l'expérience sectaire, ses amis peuvent le rejeter... Des activités pouvant paraître naturelles à des individus qui n'ont jamais fait partie d'une secte doivent être réapris par l'ancien adepte.

 

    Sur le plan intellectuel, les anciens adeptes souffrent d'un rétrécissement du champs des connaissances : tous les phénomènes scientifiques, naturels, politiques, historiques, sociologiques sont expliqués à selon les théories du gourou, et cela se traduit par une forme très avancée d'isolement vis-à-vis du reste de la société. Cela est encore plus grave pour les enfants né en milieu sectaire, qui ne sont pour la plupart inscrits dans des écoles privées hors contrats filliales de la secte. Le psychisme de l'individu est par ailleurs modifié. Celui-ci doit retrouver son esprit critique. Un manque de stimulation cérébrale empêche l'adepte de réfléchir par lui-même aux ordres et aux doctrines du gourou. L'attentivité et la mémoire se retrouve altérées de la même façon. En outre, une récurrence de cauchemards peut déstabiliser la guérison de l'ancien adepte en le renvoyant à des moments traumatisants vécus au sein de secte. Nombre de ces victimes souffrent ainsi de troubles de stress post-traumatiques.

 

    Sur le plan physique, l'ancien membre de la secte s'est habitué à une alimentation spécifique, le plus souvent carrencée, à la prise parfois régulière de certains types de médicaments, à un manque, parfois important, de sommeil... Les "rejetés" des sectes, dont nous avons parlé dans l'article précédent, peuvent avoir subi des scarifications (effectuées par l'adepte lui-même ou par d'autres membres de la secte). Dans de nombreux cas, l'individu ne ressemble plus à l'homme ou la femme qu'il était avant d'entrer dans la secte, et cela complique les chances d'un rétablissement mental de l'individu, qui perd son estime de soi et, si ce désespoir est prolongé, peut aller jusqu'au suicide. Ces troubles de la confiance en soi peuvent entraîner des problèmes physiques tels que l'impuissance sexuelle, des tremblements incontrôlés...

 

   En outre, l'adepte se retrouve bien souvent dans le dénuement financier le plus total, la secte ayant préalablement opérée une véritable ponction sur les revenus de l'individu.

 

    L'ensemble de ces conséquences est très lourd pour l'adepte qui doit enfin porter un sentiment de culpabilité pour avoir "trahi" le groupe. C'est pourquoi un suivi psychologique, affectif et bien souvent financier doit avoir lieu pour aider l'ancien adepte, si ce n'est à oublier l'expérience sectaire, du moins la dépasser.

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