"Toutes les passions et toutes les activités sont englouties dans la cupidité" - Karl Marx.

Publié le par Michel Loiret

       Si l'on voulait retracer à grands traits l'histoire du mouvement sectaire en France, il est indéniable que le caractère prédominant est celui de l'importance grandissante de l'argent. Il paraît donc impensable de traiter intégralement les effets sectaires sur l’adepte sans en évoquer un des éléments primordiaux. Les mouvements sectaires ont maintenant acquis une influence économique indéniable et disposent d'un poids financier jusqu'ici encore insoupçonné.

 

 

    "Ce sont des pompes à fric" ont déclaré Jacques Guyard (PS) et Jean-Pierre Brard (apparenté PC), les auteurs de la commission d'enquête parlementaire intitulée Les Sectes et l'argent, rendue public le 17 juin 1999 concluant que les mouvements sectaires ont "gagné en mercantilisme ce qu'ils ont perdu en spiritualisme".

 

     L'argent, recherché de tout temps par les sectes, sert à l'acquisition du pouvoir qui s'impose de plus en plus en tant qu'objectif. D'autres méthodes se sont développées activement ces dernières années : des non-adeptes de plus en plus nombreux effectuent des dons à des associations en toute bonne foi et  consomment certains produits vendus par des sociétés-écrans (cachant son véritable détenteur par l’utilisation de prête-noms), alimentant ainsi, sans le savoir, les sectes qui se cachent derrière.

     L'argent va au gourou et lui sert à s'enrichir personnellement et au développement de l’organisation sectaire. Les sectes recherchent donc activement de nouveaux profils pour alimenter leurs comptes bancaires et développer leurs réseaux.

Les sectes ont d'autre part réussi une percée incroyable dans divers domaines professionnels: la formation professionnelle, les cours à domicile ou encore les pratiques thérapeutiques non conventionnelles n'en sont que des exemples. Il est clair en effet que les activités sectaires, quoique diversifiées, se déploient spécialement dans quelques secteurs de prédilection.

 

     Le caractère lucratif sectaire s'appuie tout d’abord sur la notion d’ "opacité". En effet, ce que propose l’organisation manque de transparence, tout comme ce qui devient du financement issu des donations et de la vente de produits. A ce sujet, le rapport parlementaire du 10 juin 1999 indique que l’ « extrême libéralisme » qui caractérise la réglementation de la vie d’une association déclarée n’a pas échappé à certains mouvements sectaires qui l’utilisaient comme un gage d’opacité et de confidentialité de leurs pratiques.


Les techniques d'assouvissement du désir lucratif sont diverses :

 

 

  •     Tout d'abord, le démarchage personnalisé permet à des prosélytes (nouveaux adhérents à la doctrine sectaire recrutés pour se livrer à des activités de vente à domicile) de recruter à leur tour de nouveaux adeptes. Les mouvements sectaires les mieux organisés, notamment ceux  commercialisant des produits pseudo-médicaux, ne pratiquent pas le porte à porte mais un démarchage à domicile sélectif, en fonction du niveau et du motif de vulnérabilité de la personne. Les femmes au foyer, les personnes seules, les jeunes chômeurs, sont particulièrement visés par cette méthode qui s'apparente souvent à l'abus de faiblesse. Par exemple, des colis sont laissés à la disposition du consommateur, qui se sent alors obligés de les payer.

 

 

  •      Par ailleurs, les adeptes peuvent être confrontés à la technique de "l'offrande participative". Cette technique consiste à sophistiquer à l'extrême le discours sur l'argent sollicité des adeptes et à complexifier au maximum la qualification de leurs contributions. Les membres de la secte font des offrandes dans lesquelles ils sont invités à participer à la réalisation de l'objet de chacune d'elles.

 

 

  La technique de "la fraternisation financière" est une autre technique utilisée. Elle consiste à convaincre les adeptes de placer leur argent dans un organisme spécialisé dans l'octroi des prêts à des projets qui ne trouveraient pas leur financement dans le circuit bancaire normal. Ainsi, il est promis à l'adepte, en situation de déposant, des taux d'intérêt supérieurs à ceux du marché et à l'adepte, en situation d'emprunteur, des concours qu'il ne pourrait obtenir autrement.

 

 

     sciPar ailleurs, de mutiples accusations ont été portées à l'encontre de la Scientologie. En 1977, cette secte s’est retrouvée devant les tribunaux français et la secte a été reconnue coupable d’escroquerie. Les représentants en France ont été condamnés à de lourdes amendes, assorties de peines de prison.  En 1978, son fondateur Lafayette Ron Hubbard, décédé en 1986, a été condamné par le tribunal de Paris à quatre ans d'emprisonnement avec sursis et 35 000 francs (530 euros) d'amende pour escroquerie. Le 15 novembre 1999, cinq membres ou ex-membres ont été condamnés pour escroquerie à Marseille, pour avoir usé de méthodes frauduleuses entre 1987 et 1990 afin de recruter de nouveaux adeptes et leur vendre des services très coûteux de la secte. 

 

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M
<br /> <br /> Vous avez raison de différencier les sectes internationales des cantonales. Le pouvoir que le gourou possède sur l'argent de ses adeptes varie effectivement en fonction de la taille de la secte<br /> qu'il dirige. De cette façon, un gourou de pouvoir moindre escroquera moins d'argent que celui qui en possède davantage. Néanmoins la manipulation est toujours présente et les adeptes continuent<br /> de se ruiner pour subvenir aux soi-disants besoins financiers de la secte. L'effet observé est malheureusement le même dans les deux cas que je viens de vous décrire.<br /> <br /> <br /> <br />
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N
<br /> <br /> Nous sommes bien d'accord qu'avec cet article, vous ne dénoncer que les sectes majeures du type de la Scientologie (j'ai reconnu l'emblème et lu le rapport de condamnation de celle-ci). Alors<br /> quant est-il des sectes à "petit budget", si je peux m'exprimer ainsi ?<br /> <br /> <br /> <br />
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